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mardi 5 janvier 2010

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Le droit à l’oubli numérique: Facebook n’en veut pas

imageLe remède était efficace, mais le site de réseautage en ligne, Facebook, n’en veut pas. L’entreprise américaine vient detuer dans l’oeuf deux initiatives qui permettaient aux usagers de ce réseau d’effacer définitivement leur compte et surtout les informations (coordonnées, listes d’amis, photos...) qui y sont associées.
Visiblement peu ouvert à l’idée de cet oubli numérique, Facebook vient en effet de forcer la fermeture du site Web 2.0 Suicide Machine qui offrait ce service d’effacement de traces numériques. Dans les derniers jours, le site Seppukoo a reçu le même traitement, de la part du géant américain de la socialisation numérique.
L’effacement de données personnelles dans les espaces de communication est en train de devenir un enjeu important, ces données virtuelles pouvant pourchasser leurs auteurs hors web pendant des lunes. Elles peuvent aussi induire divorces, pertes d’emploi et même remise en question de carrières politiques, comme sont en train de le découvrir cruellement plusieurs adeptes du réseau.

Rédigé par Fabien Deglise le Mardi 05 Janvier 2010 à 16h51
source: carnetsdudevoir.com/index.php/sismographe/textes/le_droit_a_loubli_numerique_facebook_nen_veut_pas

lundi 4 janvier 2010

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La Cour suprême et le journalisme : un progrès au milieu de nombreux obstacles

JEAN-CLAUDE LECLERC   4 janvier 2010  Médias
Le jugement de la Cour suprême du Canada reconnaît le droit à l’erreur du journaliste dans la recherche de la vérité. Au centre, la juge en chef, Beverly McLachlin.
Photo : Agence Reuters Adrian Wyld
Le jugement de la Cour suprême du Canada reconnaît le droit à l’erreur du journaliste dans la recherche de la vérité. Au centre, la juge en chef, Beverly McLachlin.
La Cour suprême a finalement rompu avec une longue tradition qui faisait passer la réputation des notables avant le droit de savoir ce qui se passe d'important dans sa propre société. Même en Angleterre, pourtant mère de la liberté d'expression, un auteur pouvait autrefois être puni si douze de ses concitoyens trouvaient blâmables ses propos. Westminster, à l'ère moderne, a rétabli l'équilibre, mais, au Canada, le vieux préjugé subsistait malgré une charte garantissant, depuis 1982, «la liberté de la presse et des autres moyens de communication».

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Lhasa de Sela 1972-2010 - Départ prématuré d'une artiste marquante

YVES BERNARD   4 janvier 2010  Musique
La chanteuse québécoise de renommée mondiale Lhasa de Sela photographiée en 2006. Le cancer du sein l’a emportée à l’âge de 37 ans.
Photo : Annik MH De Carufel - Le Devoir
La chanteuse québécoise de renommée mondiale Lhasa de Sela photographiée en 2006. Le cancer du sein l’a emportée à l’âge de 37 ans.
La nouvelle est finalement tombée par voie de communiqué hier soir. Après avoir combattu le cancer du sein durant plus de 21 mois, Lhasa de Sela, ce coeur absolu, est décédée à son domicile de Montréal le 1er janvier un peu avant minuit. Les rumeurs au sujet l'état de santé de Lhasa devenaient de plus en plus persistantes. Samedi, le journaliste Claude André a annoncé le décès sur sa page Facebook et Mike Pincus, le beau-père de l'artiste, a confirmé la nouvelle à l'agence de presse QMI.

Âgée de 37 ans, la chanteuse-auteure-compositrice a réussi à terminer un troisième album avant d'offrir deux concerts en Islande en mai dernier. Ces deux prestations auront été ses deux dernières. Pour des raisons de santé, Lhasa avait dû annuler une grande tournée internationale qui devait avoir lieu à l'automne dernier.

Âme bouillonnante, femme d'instinct et tête chercheuse, Lhasa a ouvert un monde et La Llorona, disque qu'elle a lancé en 1997, a changé le visage de la chanson immigrante du Québec. C'était l'année du Buena Vista Social Club, mais pour la première fois, une artiste d'ici qui s'exprimait dans une langue autre que celle de Tremblay et de Molière, ou de Cohen et de Shakespeare, allait vendre un demi-million d'albums à travers le monde. «La diversité n'est pas une exception, elle est la règle», avait-elle déjà confié. Pas étonnant qu'au cours des années, elle se soit réclamée aussi bien de la Callas que de Camarón de la Isla, voire de Tom Waits, de Beck, de Radiohead et de Brel.

Les circonstances de la vie l'avaient conduite à Montréal en 1991. Alors âgée de moins de 20 ans, crâne rasé, du front tout le tour de la tête, voix puissante, timidité apparente et serveuse à la Maison de la culture mondiale sur Saint-Laurent, elle chantait le soir et parvenait à subjuguer littéralement un auditoire peu habitué à une telle décharge émotionnelle. Elle interprétait alors avec une étonnante assurance des chansons de Billy Holiday et de Chavela Vargas, grande dame de la ranchera mexicaine.

On imaginait alors Lhasa mexicaine à cause des racines de son père et de cet air mélodramatique de pleureuse aztèque qui transparaissait nettement dans le premier disque. Mais elle jouait un personnage et n'était pas qu'une Chavela Vargas qui chante là où ça fait mal. Elle se sentait d'identité confuse, marchait seule, refusait de vivre au passé, se permettait de monter par-dessus les hautes marées, se donnait le vertige, traversait les frontières imposées, quitte à s'y brûler, mais pénétrait la vastitude de la vie, un thème central de son oeuvre. Puis, les lumières scintillaient à nouveau.

La Llorona avait révélé des rythmes mexicains des années 30 et 40, auxquels s'ajoutaient des accents tziganes et klezmer. Une rencontre déterminante allait ponctuer la personnalité du disque, celle d'Yves Desrosiers. En 2003, elle lance The Living Road, qui incarne le voyage vers l'identité d'une créatrice qui compose et chante dorénavant en trois langues, variant les atmosphères et se permettant d'utiliser plus d'instruments qu'auparavant. Nuevo tango, effluves mondiaux, intonations dylanesques, textures atmosphériques, ambiance de cirque, rappel mexicain, douce rythmique latine, étonnant dénuement et une touche d'électronique habillent la création. Chaque pièce est conçue comme un petit film, à l'image de sa vie.

Née dans un hameau des Catskill, un prénom en l'honneur de la capitale du Tibet en guise de rêve, une enfance entre les États-Unis et le Mexique, entre villes et villages, parcs de roulottes et terrains de fortune, elle avait le coeur morcelé dans une double identité, se sentant de nulle part avec un accent bizarre partout ou elle passait.

Sur The Living Road, la voix de Lhasa commence à se transformer. Issue de l'école des bars et habituée à s'époumoner pour toujours tout donner, la chanteuse apprend à se retenir pour tenir le coup plus longtemps. Par la suite, on l'entendra même interpréter du Fairouz, un chef d'oeuvre de délicatesse.

Après The Living Road, Lhasa sent l'appel d'une nouvelle muse: la langue anglaise, son premier idiome, celui qui lui permet d'assumer le poids des mots et qui la rend plus spontanée. Elle vit maintenant son identité américaine qui lui vient de sa mère. Dans ses pièces, on perçoit moins la rigidité de la structure et davantage l'intimité de celle qui se dévoile doucement. Et elle chante plus haut.

Elle fait paraître à la fin du printemps dernier, un disque homonyme, entièrement en anglais, autoproduit, mâtiné de folk créatif, de jazz délicat, de valse et d'accents country. Si la chanteuse s'y fait parfois sensuelle, elle ne peut cacher sa profondeur. Qu'aurait-elle réservé si elle ne s'était pas éteinte aussi rapidement? Assurément toujours ce même coeur saignant, plusieurs autres révolutions sur elle-même et l'ouverture constante de cette route hors norme à suivre pour ces créateurs déracinés ou réenracinés. Passée dans l'au-delà, elle demeure un véritable modèle pour un monde nouveau. Une lueur éternelle.

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